Le haras de Jardy était un haras français de réputation internationale, situé à Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine), en lisière de la forêt dominiale de Fausses Reposes, à 30 minutes du centre de Paris. Il a été rendu célèbre par Edmond Blanc et Marcel Boussac. C'est désormais un parc omnisports à dominante hippique.
Ce domaine est un mélange de prés et de bois, d'une superficie de 76 hectares.
Bien qu'assez éloigné de son centre ville, ce domaine a appartenu à la Seigneurie de Vaucresson.
Il faudra attendre La Restauration (1817) pour voir ces terres rattachées définitivement à une commune beaucoup plus proche, Marnes-la-Coquette.
Le haras est actuellement situé à 10 minutes en voiture de la Porte d'Auteuil, deux minutes du château de Versailles et tout proche de la sortie "Vaucresson" de l'autoroute de Normandie (A13).
Le nom de Jardies (ancien) ou Jardy (moderne) viendrait d'une ancienne petite forêt dans laquelle il y eut, dès le XIIe siècle, un monastère qui dépendait de l'abbaye de Tiron. Le nom de cette congrégation provient d'un ancien monastère situé dans le Perche (près de Nogent-le-Rotrou). Cette congrégation de Tiron appartenait à l'ordre des Bénédictins dont la règle imposait le travail manuel.
La présence d'un petit monastère ou prieuré de Jardy est avérée dès 1120. Une église située dans les bois de Jardy et dénommée Saint-Jean-Baptiste de Jardies est attestée dans un document de 1147. Le nom de Jardy s'appliquait tant à la forêt qu'aux terres de labour dépendant du prieuré. Il semble que ce prieuré n'ait jamais eu une grande importance. Il ressemblait plus à un petit domaine agricole, dont les religieux trop peu nombreux pour accomplir eux-mêmes le travail des champs, confièrent leurs terres à des fermiers.
En 1751, on retrouve le prieuré sous le nom de "Prieuré Sainte-Marie-Madeleine-De-Jardis"
Cette communauté continue son existence jusqu'à la Révolution française où ses biens sont vendus comme biens nationaux en 1791. Deux lots sont mis au enchères :
la maison prieurale - un pavillon élevé de deux étages carrés et d'un étage lambrissé
la ferme attenante avec 66 arpents de diverses terres (22 ha) - acquise le 14 février 1791 par le citoyen Antoine Mazeleyre
La Ferme
Durant le XIXe siècle, ces terres fertiles sont exploitées par une grande ferme. On y cultive, entre autres, des céréales. C'est le 22 octobre 1817 par ordonnance royale, que La Marche et Jardy sont "distraits" (=détachés) du territoire de Vaucresson lors de l'établissement du cadastre et sont rattachés à la commune de Marnes.
Le Haras d'Edmond Blanc
En 1891, Edmond Blanc rachète les terres de Jardy. Il détruit l'essentiel des bâtiments subsistants pour construire de toutes pièces un haras.
Il fait bâtir de nombreux bâtiments dans un style anglo-normand et convertit les champs cultivés en prés. L'ensemble des terrains représente une surface d'un seul tenant de près de 80 hectares, dont 20 s'étendent sur Vaucresson. Les constructions initiales comportent 115 boxes, 10 stalles, un manège et un accouchoir. L'ensemble le plus remarquable est la "Cour des 49". Une grande demeure d'habitation réservée à Edmond Blanc, est aussi édifiée. Ses nombreux chevaux qui étaient hébergés dans ses établissements de La Celle Saint-Cloud et de Villebon, seront progressivement regroupés à Jardy.
En 1900, il y a 6 étalons, dont quelques-uns achetés à l'étranger pour 200.000 francs, 64 poulinières, 50 yearlings ou poulains de 18 mois qui passaient en août et septembre au dressage ; 48 poulains de lait étaient nés en 1899.
Le 1er mai 1905, le roi Edouard VII se rend en France, pour visiter les installations hippiques d'Edmond Blanc. Accompagné d'Auguste du Bos et du propriétaire du lieu, il visite le haras de Jardy où les plus brillants sujets lui sont présentés. Il y croise une vieille connaissance, Flying Fox. Il admire cet étalon prodigieux sur lequel il n'avait pas surenchéri cinq ans auparavant, dans une vente aux enchères. Il reconnaît l'extrême qualité des intallations et des chevaux issus de cet élevage. Les fils et filles de Flying Fox font l'admiration de tous.
Le centre sportif multi-disciplinaire
Le haras de Jardy est racheté par l'Etat dans les années 1980 puis, par le Conseil général des Hauts-de-Seine en novembre 2006. De nombreux travaux et aménagements ont été réalisés tant pour accroître les capacités d'accueil hippiques (nouveaux manèges, nouvelles carrières), que pour étoffer les sports de plein air praticables sur les 76 hectares.
Désormais avec ses 2 500 cavaliers et 200 chevaux, le haras de Jardy est devenu le premier centre équestre de France. Son golf de 9 trous et ses 20 courts de tennis complètent harmonieusement cet ensemble sportif.
De très nombreuses compétitions hippiques nationales et internationales se déroulent à Jardy :
Concour complet
Saut d'obstacles
Dressage
Attelage
...
Recapitulatif
Au XIIème siècle, les moines de l'Abbaye de Tiron, créent un prieuré sur le domaine de Jardy.
Cette vocation religieuse perdurera jusqu'au XVIIIème siècle, bien qu'à cette époque, Jardy ressemble plus à un important domaine agricole qu'à une propriété ecclésiastique.
La révolution française disperse les biens du domaine et en 1817, Jardy cesse de faire partie du territoire de Vaucresson pour être rattaché à Marnes-la-Coquette. Jardy reste une grande ferme au milieu des bois jusqu'à la fin du XIXème siècle
En 1890, Edmond Blanc, dont le nom est lié à l'histoire des courses, achète la ferme de Jardy pour y établir un haras. Rien n'est conservé de l'ancienne ferme, excepté la grange qui existe encore aujourd'hui.
Edmond Blanc fait construire les bâtiments du nouveau haras, et notamment la fameuse " Cour des 49 ", le petit manège et les différents pavillons périphériques.
Les bâtiments furent conçus dans un style qui s'inspiraient directement des cours d'entraîneurs de Chantilly, les plus prestigieuses, et de certains élevages de Normandie, mélange heureux de briques apparentes et de structures de bois ou de fer au dessin élégant à colombages.
Ce haras, pendant près de 90 ans, va être un des plus réputés d'Europe pour l'élevage de pur-sang. Le domaine était alors idéalement situé au voisinage immédiat de l'hippodrome de la Marche.
En 1879, Edmond Blanc achète sa première pouliche vouée à devenir célèbre : " Nubienne ", puis en 1886, son premier étalon, " Energy ", venu d'Angleterre.
La renommée du Haras de Jardy ne cesse d'augmenter au fil des succès en courses des poulains nés au domaine. Les descendants de " Flying Fox " particulièrement, et d'autres sires prestigieux, confèrent àl'élevage une réputation mondiale consacrée en 1905, par la visite du roi Edouard VII .
La première Guerre Mondiale ayant éclatée, Edmond Blanc délaisse les courses pour créer un hôpital àPau. Il mourra en 1920, avant d'avoir vu le triomphe d'un de ses derniers élèves, " Ksar ", deux fois vainqueur du Prix de l'Arc de Triomphe en 1921 et 1922.
En 1920, le Haras de Jardy est en danger. Les héritiers d'Edmond Blanc dispersent les poulinières.
Marcel Boussac, le célèbre industriel propriétaire des Haras de Fresnay-le-Buffard reprend alors le domaine. L'activité du haras reprend alors avec une vigueur nouvelle pour plus d'un demi-siècle. " Tourbillon " (considéré comme le grand étalon de l'élevage français) y aura exercé pendant plus de vingt ans.
éclipsant même les écuries Rothschild ou Aga Khan.
En 1957, le domaine reçoit la visite d'Elisabeth II, et en 1961, celle de Nikita Kroutchev.
L'élevage Boussac reste l'un des meilleurs au monde jusqu'à la fin de l'activité du grand industriel du textile dont les chevaux seront rachetés par l'Aga Khan.